Mathieu Miljavak : taxidermiste d’art

J’ai toujours été attirée par les choses un peu bizarres, que d’autres personnes peuvent considérer comme morbides ou carrément répugnantes. C’est le cas de la taxidermie.

Cet artisanat, aujourd’hui malheureusement en désuétude, m’attire par différents aspects : le travail manuel, la minutie, le côté chirurgical, le respect de l’anatomie et surtout, le défi de rendre ce qui peut paraître dégoûtant (un cadavre en l’occurrence) beau.

C’est en voulant me renseigner sur ce métier que j’ai contacté Mathieu Miljavak qui m’a spontanément proposé de me montrer concrètement en quoi cela consistait.

Miljavak

Loin des trophées de chasse, Mathieu a décidé de sublimer des animaux souvent mal-aimés par les Parisiens : les pigeons ! Oui, les pigeons ! Quelle drôle d’idée pensez-vous ? Comment rendre beau des “rats volants” ? Pourquoi ne pas travailler sur des oiseaux plus élégants comme des faucons ou des colibris ?

Bah, parce que c’est pas si simple : aujourd’hui la plupart des espèces animales sont protégées pour empêcher des… quel est le mot… abrutis (?!) de tuer des animaux uniquement pour les naturaliser et en faire commerce.

 

Mathieu (et son chien) m’a donc accueilli chaleureusement dans son atelier à Pantin pendant 2 jours pendant lesquels j’ai pu suivre le montage d’un de ses majestueux pigeons aux multiples ailes déployées qu’il préparait pour son installation à l’Empreinte du geste. Si vous voulez voir concrètement en quoi consiste les différentes étapes, je vous invite à aller voir la série de photos de David Kimelman, âmes sensibles s’abstenir.

La technique qu’il utilise est une méthode traditionnelle d’empaillage. C’est rare puisqu’à l’heure actuelle le plupart des taxidermistes utilisent plutôt des mannequins en polystyrène et mousse de polyuréthane stratifiés, préfabriqués, qu’ils adaptent à la peau de l’animal naturalisé. C’est lors de stages en Écosse qu’il a appris cette technique, n’ayant pas trouvé en France de taxidermiste prêts à transmettre leurs connaissances (C’est dommage, ce savoir-faire risque de se perdre).

Si la technique est traditionnelle, sa mise en œuvre l’est beaucoup moins ! Jugez plutôt :

Purple burst Shadows

 

 

Je profite de cet article pour remercier à nouveau Mathieu pour le temps qu’il m’a consacré alors qu’il était en plein rush pour l’expo, et pour avoir partagé avec beaucoup de générosité son expérience.

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