Ecovolontaire au Pérou dans le refuge Panthera Sanctuary

Il y a un peu plus d’un an maintenant, en août 2015, je décidais de faire quelque chose d’utile pendant mes vacances, en rapport avec la nature et les animaux. C’est comme ça que j’ai découvert Panthera Sanctuary au Pérou.

Comme j’ai reçu depuis pas mal de demandes d’information sur mon expérience là-bas, j’ai décidé d’écrire cet article pour répondre aux principales questions qui m’ont été posées. Pourquoi un article sur un voyage sur ce blog me direz-vous ? Et bien parce que les voyages peuvent être une grande source d’inspiration, de par les jolies choses qu’on peut voir ou la plénitude qu’ils nous procurent.

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Pourquoi avoir choisi Panthera Sanctuary ?

Cela m’a pris beaucoup de temps avant de prendre ma décision (pas anodine, je partais seule, il valait mieux que je sois sure de mon coup).

Il fallait déjà que je choisisse la destination : Vietnam avec les éléphants, Afrique du Sud avec les félins, Costa Rica pour sa biodiversité…

Le choix de la destination s’est fait en fonction de mes disponibilités : je ne pouvais prendre 3 semaines qu’entre août et septembre. Mon premier choix se portait sur le Costa Rica. Malheureusement, la meilleure période pour y partir est en octobre et impossible pour moi de prendre 3 semaines à ce moment de l’année.

Après quelques recherches, le Pérou me semblait être un bon compromis. Et puis, ça me donnait l’occasion de pratiquer mon Espagnol.

C’est comme ça que j’ai découvert Panthera Sanctuary.

Ce qui m’a tout de suite plu : la taille humaine de la structure et qu’elle ait été crée par un jeune couple franco-péruvien, Milena et Pierre-Julien . Ce dernier organise par ailleurs des stages de survie dans la forêt amazonienne, ce qui était plutôt rassurant.

J’ai donc pris contact avec eux. Les échanges ont été rapides et ils ont répondu à toutes les questions que je me posais. Je me suis donc lancée !

 

L’équipement nécessaire ?

Avant de partir, il faut vérifier que ses vaccins sont à jour (DTP, ROR). En complément, je me suis faite vacciner contre la rage puisque j’allais être en contact avec des animaux sauvages. J’étais déjà vaccinée contre la fièvre jaune. Attention : il faut s’y prendre suffisamment à l’avance car certaines vaccinations demandent plusieurs injections espacées de plusieurs semaines. C’est notamment le cas de la rage qui nécessite 3 injections à J0, J7 et J21/28.

J’ai également pris un traitement préventif antipaludisme (la Malarone).

Concernant les médicaments, les classiques : anti-vomitif, anti-diarrhéique, anti-histaminique si vous êtes allergiques, antibiotique à large spectre…que des trucs en « ique ». Et très important : du répulsif. J’avais acheté du Insect Ecran zone infectée pour vêtement et peau. Extrêmement efficace : je n’ai pratiquement pas été piquée. Et pourtant, en général, quand il y a un moustique, il est pour moi !  C’est assez impressionnant, en pleine jungle j’étais auréolée d’insectes mais ils ne pouvaient approcher ma peau. Par contre, il ne faut laisser aucune zone découverte : le premier jour, j’ai oublié mes oreilles et ce n’était vraiment pas très agréable !

Côté vêtement, j’ai opté pour des pantalons de trek, Tshirt et chemises légères à manches longues. Il faut également prévoir des bottes pour les sorties dans la jungle. C’est à peu près tout. Pas besoin de prévoir trop de vêtements : chaque week-end, nous retournons en ville où nous pouvons les donner à laver.

Rien de très compliqué en somme.

 

Comment accède-t-on à la réserve ?

Arrivée à l’aéroport de Puerto Maldonado, Milena m’a accueillie chaleureusement et nous avons pris un rickshaw motorisé qui nous a conduit jusqu’à l’embarcadère où nous attendaient Pierre-Julien et leur fils de 5 ans, Timéo.

Panthera Sanctuary se situe au bord du fleuve Madre de Dios. Pour y accéder, un seul moyen de transport : la pirogue !

Mais après la série de vols que j’avais pris pour arriver à Puerto Maldonado – qui m’ont fait passer par Chicago, Dallas, Lima (pour éviter de payer trop cher) – l’heure et demi de pirogue m’a paru une délivrance.

Ce parcours permet en effet de commencer à appréhender les lieux et de s’immerger progressivement dans cette nature luxuriante.

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Les commodités ?

J’ai été agréablement surprise par le confort des lieux :

Un réfectoire très spacieux avec un bureau, une cuisine, un coin salon et une salle à manger. En déco : des vivariums avec des serpents. Ah oui, j’ai oublié de préciser : la passion de Pierre-Julien c’est les serpents ! Donc si vous n’êtes pas fan… Bah choisissez un autre refuge !

dscn1687Une salle de bain équipée d’un lavabo et d’une douche avec l’eau courante ! Et oui ! L’eau est pompée du fleuve et floculée avant de sortir des tuyaux. En plein milieu des arbres et fermée par une moustiquaire, il est très agréable d’y prendre sa douche. Je tiens tout de même à préciser pour les plus pudiques d’entre vous qu’il peut arriver que l’on soit observé… par des singes !

Des toilettes. Et quand je dis toilettes, ce sont de vraies toilettes où on peut s’asseoir et avec une chasse d’eau. Le luxe quoi.

Les chambres sont spacieuses et équipées avec le nécessaire : lit avec moustiquaire, bureau et chaise (enfin rondin de bois mais c’est pareil)

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Le tout a été construit par Pierre-Julien et le père de Milena de façon traditionnelle.

 

En revanche, inutile de préciser qu’il n’y a ni réseau mobile ni WIFI. Le seul contact que vous aurez avec vos familles se fera le week-end, lorsque vous retournerez en ville et dormirez à l’hôtel. Mais ça a du bon de faire un break parfois.

 

Quelles sont les activités sur le camp ?

Elles sont diverses et dépendent de la période pendant laquelle vous y allez.

Voici quelques exemples des choses que j’ai pu faire pendant mes 3 semaines sur le camp : balisage de la réserve, pose de pièges, construction de la nurserie, défrichage à la machette (yeah !!), construction et nettoyage des vivarium … J’ai même aidé un boa de 3 mètres et 8 kg à muer. Grande expérience !

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Et puis, mon activité préférée : les sorties nocturnes dans la jungle. Nous étions souvent rejoints par les volontaires du camp voisin : Inkaterra. C’était sympa d’avoir de la compagnie car j’étais la seule volontaire de Panthera Sanctuary. C’était l’occasion de faire de nouvelles connaissances : Australien, Anglais, Canadien, Américain, très cosmopolite !

Ces sorties avaient pour but d’attraper des serpents et des grenouilles pour recenser la faune locale. Pas évident à la seule lumière de nos frontales de repérer ces petites bêtes. Mais nous revenions toujours avec quelque chose. Le plus souvent des grenouilles, il faut bien l’avouer. Mais nous avons aussi capturé un fourmilier Cyclopes didactylus. A demi-aveugle et couvert de tiques, nous l’avons soigné avant de le relâcher.

Fourmilier Cyclopes didactylus

Fourmilier Cyclopes didactylus

Le lendemain matin était consacré à déterminer l’espèce à laquelle appartenait les serpents et les grenouilles capturés suivant des clés d’identification : pupille verticale ou horizontale, nombre de plaques ventrales, dorsales lisses ou carénées… L’un posait les questions pendant que l’autre, le serpent ou la grenouille à la main, observait l’animal pour répondre. Un vrai jeu de piste ! Passionnant ! Nous avons même cru plusieurs fois découvrir de nouvelles espèces.

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Vous pouvez consulter le blog de Panthera Santuary pour lire ce que les autres volontaires ont pu faire. Vous verrez, ils parlent de mon passage chez eux : il paraît que je suis “adroite et ingénieuse”, oui monsieur !

 

Y a-t-il des animaux sur le camp ?

Oui et c’est également ce qui avait motivé mon choix.

Milena et Pierre-Julien sauvent régulièrement des animaux. La plupart du temps, des singes qui servent d’animaux de compagnie… ou de repas ! C’est souvent à l’issue de longues négociations avec les locaux qu’ils arrivent à sauver ces animaux.

Pierre-Julien a su gagner la confiance des habitants qui n’hésitent plus à l’appeler lorsqu’ils trouvent un serpent dans leur jardin, plutôt que de le tuer à coup de machette. C’est ainsi qu’il a récupéré le boa de 3 mètres : vous savez, celui que j’ai aidé à muer !

Et oui, les péruviens de cette région ne sont pas très sensibilisés à la préservation de leur écosystème et c’est bien dommage.

Pendant mon séjour, il y avait un capucin (Cappucino), un singe hurleur (Coto ou Choco-noisette), un singe araignée (Calypso), un singe titi (Turbo), un pécari (Capitaine pirate), un coati (Saucisse) et 3 perroquets. Les noms ont été donnés par Timéo, 5 ans. Ceci explique cela.

Choco-noisette

Choco-noisette

Capuccino

Capuccino

Turbot

Turbot

Calypso

Calypso

Saucisse

Saucisse

Et bien évidemment, les serpents que Pierre-Julien conserve dans des terrariums : un boa constricteur, des serpents arboricoles, un jeune boa arc-en-ciel… Et le plus impressionnant et le plus dangereux de tous : le bushmaster (Lachesis muta) de plus de 2m40 de long, capturé avec l’aide du Dr Zoltan Takacs, célèbre toxicologue – herpétologue et consultant pour National Geographic Channel.

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Anecdotes ?

J’en ai deux en tête :

– Un matin, je suis allée aux toilettes et il n’y avait plus de papier (oulala, ça devient bizarre mon histoire, je continue quand même). J’ai donc pris le sachet dans lequel il restait le dernier rouleau que j’ai fait glisser dans ma main et là, je me suis dit : “c’est bizarre, ce rouleau m’a l’air bien lourd”. Je l’ai jeté au sol en criant et une mygale s’en est carapatée ! J’ai eu la peur de ma vie… et la mygale aussi !

Ca n’a pas été ma seule expérience avec ces petites bêtes : dès la première sortie dans la jungle, Pierre-Julien m’a appris à en attraper une. J’en ai également trouvé à 2 reprises dans ma chambre, avant qu’on répare la moustiquaire.

– La dernière nuit où j’étais au camp, nous avons fait une sortie avec les volontaires d’Inkaterra. Comme nous étions nombreux, nous avons constitué 2 groupes : l’un avec Pierre Julien, l’autre avec le guide d’Inkaterra.

Je suis dans le groupe de Pierre-Julien : lui en tête, moi en fin de cortège. Tout à coup, Pierre-Julien s’arrête : il a vu des yeux briller dans la nuit. Il attend : il faut vérifier si on voit les deux yeux simultanément. Si c’est le cas, ça signifie prédateur… et potentiellement panthère ! Nous avions vu des traces de pattes plus grosses que mon poing quelques jours plus tôt.

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Bingo, deux yeux scintillent dans le noir, je les ai vus aussi. “Une panthère, on y va, on y va !”. Oui, parce que, bien sûr, quand on voit une panthère, on va dans sa direction, hein. Nous sommes partis, en file indienne, bien rapprochés, poussés par l’adrénaline. Nous finissons par rejoindre l’autre groupe qui avait aussi vu l’animal… qui s’est avéré être une biche ! Nous avons bien rigolé et nous sommes gentiment moqués de PJ !

 

Alors, ça vous a donné envie ?
Si vous avez d’autres questions sur ce refuge ou plus généralement, si vous avez des expériences en écovolontariat, n’hésitez pas à les partager en commentaire !

For the English translation of this article, it’s here

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