Yosegi ou la marqueterie japonaise

Lors de mon passage à Hakone l’année dernière, j’ai découvert de jolies boîtes à secrets (himitsu-bako) : vous savez, ces boîtes que vous ne pouvez ouvrir qu’après avoir fait coulisser de petits panneaux, quasiment indécelables, dans un ordre donné.

Le nombre de mouvements nécessaires pour accéder au compartiment secret peut aller jusqu’à 122 (boîte réalisée en 1992 par Yoshio Okiyama) ! Regardez plutôt cette vidéo :

Mieux vaut ne pas être pressé de récupérer sa pièce de 5 yen !

J’aime beaucoup le côté casse-tête mais autant vous dire que le modèle à 4 mouvements me convenait très bien. Je suis donc repartie avec… pour l’offrir à mon père ! D’une part, parce qu’elle était vraiment trop petite pour que je l’offre à mon chat (fan de boîte comme tout chat qui se respecte) et d’autre part, parce que je me suis dit que cela ferait double emploi : une jolie décoration (ou un nouveau nid à poussière, c’est selon) et un bon moyen pour faire travailler sa logique et lui éviter un futur Alzheimer. Pardon papa si jamais tu lis cet article, c’était pour rigouler.

Bref, ce qui m’a également particulièrement attiré dans ces petites boîtes, c’est qu’elles étaient décorées de jolis motifs géométriques… et vous connaissez mon attrait pour ces motifs ! Et si vous ne le savez pas encore, faites un tour sur ma boutique ALittleMarket (une petite pub au passage, ça fait pas de mal).

En y regardant de plus près, je me suis aperçue que ces derniers étaient composés de pièces juxtaposées, comme de la marqueterie. Cet artisanat traditionnel s’appelle le yosegi et date de la fin de l’ère d’Edo (1603 – 1867). Les dessins sont obtenus grâce aux différentes couleurs naturelles des essences de bois utilisés. Donc pas de teinture. On utilise par exemple le cèdre pour le rouge, le katsura pour le noir, le camphrier pour le marron, le noyer pour le violet…

Des baguettes sont découpées à partir des différentes essences et collées entre elles selon le motif souhaité. Puis, les différents motifs sont assemblés comme un puzzle. Enfin, une fine feuille est rabotée de l’ensemble. C’est cette dernière qui servira à décorer les boîtes à secrets. Comme un dessin vaut mieux qu’un long discours, je vous propose une vidéo. Bah quoi, une vidéo c’est une succession d’images, non ?

Le procédé est donc différent de la marqueterie « occidentale » où l’on utilise des feuilles de placage en bois dans lesquelles on découpe des motifs que l’on va assembler les uns aux autres et coller sur une surface plane. Je vous l’accorde, le rendu est très proche mais les étapes ne se font pas dans le même ordre.

 

Si vous aussi vous avez succombé à ces petites boîtes, n’hésitez pas à mettre leur photo en commentaire !

Enregistrer

Enregistrer

Publicités

Une réflexion sur “Yosegi ou la marqueterie japonaise

  1. Elisabeth D dit :

    Merci pour cet article, l’art de la marqueterie japonaise est astucieuse. La méthode d’assemblage de bois et la découpe des feuilles sont impressionnantes. Je ne possède pas de ces petites boîtes, hélas 🙁 mais si je vais un jour au Japon, j’en rapporterais sûrement une. Bonne soirée Elisabeth

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s